Je recycle mes déchets et donne mes objets inutilisés… car ça déborde !

Plus de 590 kg, c’est ce qu’un Français produit chaque année en déchets. La production d’ordures ménagères par Français a ainsi doublé en quarante ans. Croissance démographique, modes de vie et habitudes alimentaires influent sur l’augmentation des déchets. Or, c’est bien connu, le meilleur des déchets est celui que l’on ne produit pas. Ainsi, une brosse à dents utilise-t-elle 1,5 kg de ressources naturelles, un téléphone portable, 75 kg, et un ordinateur, 1500 kg. Les conséquences des déchets sont nombreuses : utilisation de matières premières épuisables, pollutions, émissions de CO2, impact sur la santé, coût financier de leur traitement. Alors, réduisons et recyclons nos déchets, car «ça déborde»!

Je réduis mes déchets

Chaque année en novembre se tient la Semaine européenne de la Réduction des déchets pour inciter à faire maigrir nos poubelles. En tant que consommateurs, nous jouons en effet un rôle essentiel, car nos achats sont quotidiens, et nous sommes en France 65 millions… Et les bons gestes possibles sont nombreux : choisir des produits avec moins d’emballages, utiliser des sacs réutilisables,

privilégier les écorecharges, limiter les impressions papier, éviter les produits jetables, faire réparer ses appareils, louer, troquer, donner ou vendre d’occasion plutôt que jeter, faire du compost, acheter à la coupe ou au détail, choisir des produits à durée de vie longue, penser aux cadeaux dématérialisés, repérer l’écolabel avant achat, utiliser des piles rechargeables, ne pas jeter d’aliments, mettre un autocollant Stop pub sur sa boîte aux lettres…

Je trie mes déchets

Vient finalement le moment où l’objet devient déchet, on peut alors lui donner une seconde vie par le recyclage grâce au tri. Poubelles vertes, jaunes et bleues, conteneurs, déchèteries, la collecte sélective, adaptée au contexte local, est entrée dans nos habitudes. Le verre, les papiers et cartons, les métaux et certains plastiques sont alors concernés. Et le tri permet d’écarter certains déchets de l’incinération, comme les traitements polluants, nocifs pour la santé et l’environnement.

Je donne mes objets inutilisés

Mais halte au gaspillage, évitez aussi de jeter, donnez ! Pour augmenter la durée de vie des objets, désengorger les déchèteries, réduire les émissions de CO2, éviter l’utilisation de nouvelles matières premières, recycler, aider une association et des populations démunies… remettre des objets dans le circuit de la consommation à travers le don engendre de multiples bénéfices écologiques et sociaux. Nos placards, greniers et caves sont remplis d’objets qui ne servent plus et dont on ne sait que faire. Nous pouvons leur donner une deuxième vie.

Depuis toujours, Emmaüs France collecte des objets (meubles, vêtements, vaisselle, électroménager, son et image, livres, disques, bibelots, etc.), et les revend dans ses bric-à-brac parisiens afin de donner du travail aux exclus. Le réseau des Ressourceries, lui, collecte les objets dont vous souhaitez vous débarrasser pour les réparer et les revendre à travers 50 magasins dans toute la France, sans but lucratif. Une activité qui crée ainsi des centaines d’emplois et permet une sensibilisation du public à l’écologie. Enfin, de nombreux sites d’annonces de dons pour tout un chacun se sont par ailleurs montés sur la Toile : citons Freecycle (communauté de 8 millions de membres à travers le monde), Don contre don, Je-donne, My Recycle Stuff, Recupe ou encore Donnons !

Décheteries

Ces lieux permettent aux particuliers de se débarrasser des déchets dangereux (peintures, solvants, batteries de voiture, huiles usagées…), des déchets encombrants (électroménager, meubles, gravats, pneus, cartons…), et des déchets verts (tailles de haies…), qui seront ensuite acheminés vers des filières de recyclage.

Piles, accumulateurs et batteries

À ne pas jeter à la poubelle en raison de leur toxicité, mais à rapporter dans l’un des 13.000 points de collecte présents dans les magasins. La récupération (3.000 tonnes chaque année) est organisée par l’éco-organisme Screlec, lequel a créé le site Batribox pour informer sur les piles ou sur le point de collecte le plus proche.

Lampes

Les nouvelles lampes à économie d’énergie (led, fluorescentes, fluocompactes) sont recyclables, les anciennes (à incandescence ou halogènes) ne le sont pas. Une lampe fluorescente contient du verre, des métaux, du plastique, des poudres fluorescentes et du mercure, et 90% de son poids est recyclé. Le recyclage permet par ailleurs d’empêcher le rejet du mercure dans l’environnement. La collecte s’effectue par l’éco-organisme à but non lucratif Récylum dans les magasins vendant des lampes ou en déchèterie (voir sur le site Ma lampe). En six années d’existence, plus de 20.000 tonnes de lampes usagées ont ainsi été collectées grâce à 21.000 points de collecte répartis sur toute le territoire national.

Médicaments

Comprimés, gélules, pommades… tous les médicaments non utilisés, périmés ou non, doivent être ramenés en pharmacie. Produits à base de substances chimiques actives, ils peuvent être nocifs pour l’environnement s’ils sont jetés dans la nature ou les toilettes, ou être un risque d’accident domestique (une intoxication sur deux est liée à des médicaments). Cyclamed est l’éco-organisme en charge de leur collecte et de leur destruction sécurisée.

Electronique

Les déchets d’équipements électriques et électroniques (réfrigérateurs, TV, ordinateurs…) peuvent être rapportés en magasin lorsqu’on y achète le même type de produit, c’est le principe du «un pour un». Ces déchets peuvent aussi être déposés en déchèterie, ou dans un point de collecte de l’entreprise Envie, qui agit pour l’insertion des personnes en difficulté et est leader de la vente d’électroménager rénové garanti.

Téléphones mobiles

Plus de 20 millions de téléphones portables sont changés chaque année en France, mais à peine 10 % des Français ont le réflexe du recyclage. Pour pallier ce problème, Monextel propose de recycler ou de donner une seconde vie à son téléphone sur le marché de l’occasion, tout en effectuant deux gestes solidaires : d’une part, un reversement de la somme correspondant à la valeur de l’appareil à une association de notre choix, et d’autre part, l’emploi de personnes en situation de handicap.

Ordinateurs

De nombreuses structures d’insertion sont spécialisées dans la collecte, le reconditionnement ou la vente d’ordinateurs usagés. Elles sont toutes répertoriées sur le site Don ordi. Citons notamment l’association Ecodair, créée en 2005, qui revend sur son site des ordinateurs remis à neuf, et qui a pour particularité d’employer des personnes handicapées.

Cartouches d’encre

En France, seulement 15% des cartouches sont recyclées. Or, une cartouche d’imprimante est composée d’éléments nocifs très polluants. Pour les recycler en faisant une action de solidarité, le réseau d’associations Recyclage solidaire met à disposition des points de dépôt dans les magasins.

Vêtements, textiles et chaussures

L’association Le Relais (membre d’Emmaüs France) crée de l’emploi pour les exclus grâce aux vêtements d’occasion, textiles usagés et chaussures, collectés partout en France grâce à 8.000 conteneurs (emplacements indiqués sur le site). Les produits en bon état (5%) seront revendus dans les boutiques Ding Fring, 35% des vêtements seront exportés vers l’Afrique afin de créer de l’emploi sur place, et 45% seront recyclés en isolant écologique pour le bâtiment. Pas de pertes, tout se transforme…

Bouchons

L’association Les Bouchons d’amour, présidée par Jean-Marie Bigard, collecte depuis 2001 tous types de bouchons en plastique afin de financer l’achat de matériel pour les handicapés. D’autre part, Recycliège collecte les bouchons en liège afin de financer des opérations humanitaires.

Voitures

Chaque année, 1,4 million de voitures sont conduites à la destruction, alors que, pour beaucoup, se déplacer est un besoin élémentaire. Créée en 2005 par un ancien concessionnaire, l’association Les Autos du cœur propose de récupérer vos voitures pouvant encore parcourir de nombreux kilomètres. Déjà plus de 1200 véhicules ont été fournis aux plus démunis.

Livres

Des centaines de millions de personnes dans les pays en développement sont privées d’accès aux livres. Dans les quelques bibliothèques publiques, les ouvrages fondamentaux sont souvent absents, sans parler de zones entières sans bibliothèques. Pour répondre à ce besoin, vous pouvez donner vos livres en bon état aux associations Bibliothèques sans frontières, Adiflor ou Livres sans frontières. Avec Adiflor, par exemple («Semons le plaisir de lire en français»), plus de 200.000 livres sont offerts chaque année sur les cinq continents. Quant à l’association Oxfam France, elle a ouvert deux bouquineries (dons et achats) à Paris et à Lille. Enfin, vous pouvez faire venir gratuitement Recyclivre, qui reprendra vos livres d’occasion, les revendra et reversera 10 % du prix de vente à une association (actuellement les programmes d’éducation d’Aide et Action).

Jouets

Chaque fin d’année depuis 1976, les Pères Noël verts du Secours populaire donnent un coup de main au Père Noël en organisant de grandes collectes de jouets pour les familles défavorisées. Certains magasins de jouets, comme La Grande Récré, aident à la collecte avec des «hottes de l’amitié». L’association Vaincre l’autisme organise à certains moments de l’année dans différentes villes de France des collectes de jouets à destination d’enfants autistes en France, au Maroc et au Cameroun. Et, toute l’année, le site associatif Je donne mes jouets propose, avec son service d’annonces, de donner ses jouets inutilisés à toute personne intéressée.

Lunettes

Depuis 1974, l’association Lunettes sans frontière, «Les yeux du cœur pour voir le monde », collecte des lunettes pour les malvoyants pauvres du tiers-monde. En Afrique, une paire de lunettes représente 6 à 8 mois de salaire, et, dans certaines régions, le premier opticien est à 1.000 kilomètres. Dans beaucoup de foyers se trouvent des lunettes qui ne servent plus, mais qui seraient très utiles dans les pays en développement, et même en France, où des personnes en situation précaire n’ont pas les moyens de s’en acheter. Alors, faisons un colis à l’association avec nos vieilles paires de lunettes !

 

A noter des opérations de recyclage ponctuelles, comme l’opération « Balle jaune », organisée par la Fédération française de tennis, ou encore la collecte des sapins de Noël par les Mairies. Signalons aussi l’initiative Bourse des déchets, site d’annonces dédié aux matériaux, «parce que les déchets des uns sont souvent la matière première des autres». Ou encore Roule ma frite qui récupère les huiles de friture usagées des restaurants pour les recycler en carburants.

Enfin, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et le Cniid (Centre national d’information indépendante sur les déchets) proposent une information complète sur les déchets en France.

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