Toit à moi, le parrainage de sans-abris par toi, moi, nous…

Hier encore, Sébastien, 28 ans était à la rue et essayait de dormir dans des abris de fortune. Il vient d’être logé, et pas que pour cet hiver, dans un vrai appartement par l’association Toit à moi, qui en plus du logement l’accompagnera pour l’aider à se réinsérer... Ce n’est pas une fiction, mais la réalité de la rue et de ce projet novateur fondé en janvier 2007 à Nantes par Denis Castin, accompagné de Gwenaël Morvan, avec une idée principale en tête : réaliser à plusieurs ce qu’on ne peut faire seul.

Les sans domiciles fixes seraient 133.000 en France selon l’INSEE, et sont dans une situation de plus en plus difficiles. Et il manquerait environ 800.000 logements en France malgré la loi dite du droit opposable au logement (DALO) votée le 5 mars 2007. Ce qui explique la saturation des 300.000 places d’accueil d’urgence où stagnent nombre de personnes qui n’auraient rien à y faire. Face à cette situation de précarité extrême, il arrive que des citoyens se mobilisent et tentent d’apporter leur solution à un problème qui concerne l’ensemble de notre communauté.

C’est ainsi que Denis Catin a réagi. Son indignation sur le sujet du sans-abrisme s’est matérialisée un jour d’hiver, quand, donnant une petite pièce à un mendiant, il a voulu aller plus loin. Tout seul, il s’est senti démuni et s’est dit qu’à plusieurs on pourrait y arriver, parce que loger cette personne chez soi – idée qui traverse souvent nos esprits – c’est quand même assez difficile ! De cette idée toute simple est née une association dont le but est de récolter du temps et de l’argent. Du temps à passer auprès des sans-abris et de l’argent pour les loger. « On sait, résume Denis Castin, que le logement est le pré-requis à toute réinsertion. L’idée, c’est de se demander si moi, citoyen, j’ai envie, je peux contribuer à aider directement un sans-abri, sans tout attendre de la collectivté ou du politique ».

La réflexion de l’époque a fixé les grands principes encore d’actualité aujourd’hui : l’association sera propriétaire, les logements seront diffus dans la ville – pas de regroupement de sans-abris -, le lien social sera professionnel et bénévole par un accompagnement du bénéficiaire au plus près de ses besoins : il faut sortir les sans-abris de leur milieu habituel. « Ce doit être quelqu’un qui accepte le processus de réinsertion et qui doit avoir un certain degré d’autonomie, car Toi à moi n’est pas une solution d’urgence. En étant propriétaire, on peut travailler dans le temps avec lui, sans l’obligation imminente de libérer le logement, on va faire du cousu main » explique l’association. Des bénévoles de l’association lui rendront ainsi régulièrement visite pour retisser du lien social autour d’elle, et d’autres partenaires seront sollicités pour faciliter son insertion sociale et économique. Car au final, l’objectif reste bien de remettre sur pied le sans-abris.

L’histoire de Pascal mérite qu’on s’y arrête. Second bénéficiaire de Toit à Moi, ancien postier, il s’est retrouvé à la rue en 2006. Suivront  alors des années de galère, pendant lesquelles Pascal navigue entre rue et foyers d’urgence. Pascal est accueilli par l’association le 12 avril 2010. Bien-sûr le logement a constitué la première étape essentielle dans son mieux être, mais surtout il a été accompagné régulièrement. Par Caroline, conseillère en économie sociale et familiale, puis par Hélène, éducatrice spécialisée, puis les bénévoles Emmanuelle, Thierry, Gwenaëlle et les autres, lesquels ont tout simplement partagé avec lui quelques bons moments : repas, sorties, match de foot… En août 2011, Pascal a pu intégrer un chantier d’insertion et en janvier 2012 il entre dans son logement social. Mais même dans son nouveau logement, l’association a proposé à Pascal de continuer à l’accompagner pour que sa réinsertion soit durable.
Et enfin Toit à moi lui a proposé de devenir membre du collège des bénéficiaires de l’association, afin que lui aussi puisse aider les prochains arrivants…

Toit à moi a pris possession d’un premier logement à l’été 2008 et possède maintenant cinq appartements à Nantes avant de partir exporter ce modèle de parrainage dans toutes les villes de France. Et cela concerne amis, voisins, entreprises, associations… car en donnant 20 euros par mois, 75 parrains couvrent un prêt « habitat » pour l’achat d’un logement. De quoi acquérir des logements qui pourront être utilisés pour des milliers de démunis… « Loger une personne, c’est peu. Mais on ne prétend pas résoudre le problème structurel de la misère en France. Nous voulons seulement apporter un autre mode d’action, solidaire et innovant » rappelle Denis Castin. Ce qui compte donc vraiment, c’est la régularité des dons. Car si on le veut vraiment, en se rassemblant, on peut loger et aider des sans-abri… concrètement et durablement !

 

COMMENT S’IMPLIQUER ?

- devenir bénévole et accorder ainsi un peu de temps aux bénéficiaires
- devenir bénévole et apporter son talent (gestion, communication, assistance…) à l’association
- permettre de loger plus de personnes en s’engageant à verser mensuellement une somme qui passe inaperçue dans votre budget (5,10,15, 20 € par mois avec une réduction fiscale de 75 % si vous êtes imposable)
- devenir mécène si vous êtes une entreprise
- devenir ambassadeur de l’association sur une ville ou un quartier
- faire connaître l’association autour de vous grâce à vos outils de communication personnels ou professionnels
- suivre l’actualité de l’association sur Facebook ou sur le site www.toitamoi.net

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